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L’analogie en physique La notion d’analogie a été utilisée depuis très longtemps en sciences. Son usage premier, était en mathématiques pythagoricienne. Elle était la formule ramenant des termes inégaux proportionnellement comparés à une identité de rapport (a/b = c/d)12. Sous cette forme première, l’analogie correspond à une identité entre deux grandeurs. En physique, l’usage de l’analogie avait pour ambition d’unifier deux domaines. Les physiciens ont réussi à le faire pour certain domaine, citons par exemple le rattachement des ondes radios aux ondes lumineuses qui ont été réunies par la théorie de l’électromagnétisme. Mais dans d’autres cas, l’analogie a été utilisée Mais la théorie unificatrice n’a pas vu le jour. L’unification de deux domaines, n’est pas une fonction immuable du raisonnement analogique. Sa fonction principale est d’aider le physicien dans sa démarche de conceptualisation d’un nouveau phénomène, en faisant le rapprochement avec un domaine déjà connu et conceptualisé. Pour le physicien, l’analogie est un outil utilisé en amont pour créer une théorie ou pour conceptualiser un phénomène donné. Mais, il peut s’en servir aussi en aval, dans le but de familiariser une nouvelle théorie auprès de son public et d’illustrer de la sorte, certaines idées abstraites de sa théorie. Gaston Bachelard disait à propos de l’analogie entre une pompe et un générateur électrique : « Précisément, la science moderne se sert de l’analogie de la pompe pour illustrer certains caractères des générateurs électriques ; mais pour tacher d’éclaircir les idées abstraites de différence de potentiel, d’intensité de courant. On voit ici un vif contraste des deux mentalités : dans la mentalité scientifique, l’analogie hydraulique joue après la théorie. Elle joue avant dans la mentalité préscientifique. »13 Dans cette citation Bachelard reconnaît l’utilité de l’analogie hydraulique pour illustrer des « idées abstraites » comme la force électromotrice d’un générateur. Mais il ne pense pas que l’analogie puisse servir à la construction d’une idée abstraite. Pour critiquer ce point de vue, J.L CANAL rappel les engrenages de MAXWELL, qui l’ont conduit à élaborer une des plus grandes théories en physique : L’électromagnétisme. Il ajoute que Maxwell lui-même a écrit à propos de l’analogie : « Par analogie physique, j’entends cette ressemblance partielle entre les lois d’une science et les lois d’une autre science qui fait que l’une des deux peut servir à illustrer l’autre. »14 3 Les critiques de l’analogie Certains travaux en didactique ont montré que l’usage de l’analogie peut renforcer certaines conceptions erronées des élèves. Dans le cas de l’électrocinétique, le domaine qui nous intéresse dans ce présent travail, l’analogie hydraulique qui consiste à dire que le courant électrique est similaire à un courant d’eau qui coule dans un fleuve en partant d’un endroit élevé vers un endroit d’altitude inférieure est une analogie qui renforce le raisonnement séquentiel15 des élèves. Cette analogie renforce aussi, l’idée que le courant électrique est de nature substantialiste, comme l’est le courant d’eau. J.L CANAL partisan de l’utilisation de l’analogie dans l’enseignement de l’électrocinétique défend son point de vue en se référent à une citation de Evelyne CAUZILLE MARMECHE et Jacques MATHIEU16 a propos de l’analogie courant électrique/circulation d’eau : « On sait que dans de tels cas la plupart de relations et propriétés des deux systèmes sont différentes. Seul un sous-espace restreint peut être considéré comme analogue dans les domaines sources et dans le domaine cible. A l’autre extrême, les situations comparées sont isomorphes (pour expert) dans la mesure où leur structure et les objets en jeu sont similaires : les stratégies à développer sont identiques. » J-L. CANAL ajoute que : « L’intérêt d’une analogie entre deux systèmes serait donc lié à la dimension du sous-espace commun aux deux. Ainsi convenons que l’analogie hydraulique ne peut être condamnée a priori, nous en définirons plusieurs susceptibles d’être utiles. Sa qualité passe par une obligation : définir ses limites… La comparaison des deux domaines doit ainsi permettre de se départir des mauvaises analogies (les conceptions initiales souvent) pour s’orienter vers des analogies modélisantes satisfaisantes : c’est ce qui ce produira en électrocinétique quand on passera d’une pile assimilée à un réservoir qui déverse ses particules électriques en un débit constant à une pile assimilée à une pompe qui agit sur la totalité des particules électriques réparties en permanence dans tout le circuit. » L’analogie est un outil puissant aux mains de qui sait s’en servir. Cet outil devient indispensable, si on ne trouve pas un autre moyen de concrétiser pour l’élève des concepts qui sont abstraits comme c’est le cas pour la tension électrique. De plus, si des savants théoriciens comme J.C. MAXWELL et A. EINSTEIN l’ont utilisé, le premier pour construire sa théorie d’électromagnétisme et le second pour vulgariser ces travaux qui sont complexes et abstraits pour qu’ils deviennent accessibles à un public non spécialisé17. Pourquoi refuserions-nous en didactique à le faire ? Surtout lorsque nous n’avons pas un autre moyen pour aider l’élève dans sa quête du sens. |
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