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Éléments de didactiques |
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ENSEIGNER AUTREMENT! |
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L’effet Pygmalion Roi légendaire de Chypre, Pygmalion fut amoureux d’une statue qu’il avait lui-même sculptée. Il obtint d’Aphrodite (une déesse grecque) qu’elle lui donnât la vie, et il l’épousa. Ce mythe illustre ce que les psychologues de l’éducation appellent le phénomène des attentes. Des expériences faites par des pédagogues et des didacticiens montrent que l‘échec et la réussite des élèves dépendent de l’attente que l’enseignant aura envers eux. On rencontre cette situation d’élèves abonnés aux même notes toute l’année, dans une sorte d’accord tacite avec l’enseignant; ce dernier limitant son exigence à l’image qu’il s’est fait des capacités de l’élèves, lequel limite son travail à l’image que l’enseignant lui renvoie de lui-même. L’effet Pygmalion est redoutable. Certains enseignants désirent s’en prémunir en refusant toute information préalable sur la réussite de leurs élèves. Il finit cependant par se manifester, lorsque la vigilance fait défaut. 7.1.2 L’effet topaze et le contrôle de l’incertitude La première scène du célèbre ʺTopazeʺ de Marcel Pagnol illustre un des processus fondamentaux dans le contrôle de lʹincertitude. Topaze (le maître) fait une dictée à un mauvais élève. Ne pouvant accepter trop d’erreurs trop grossières et ne pouvant pas non plus donner directement l’orthographe demandée, il ʺsuggère ʺ la réponse en la dissimulant sous des codages didactiques de plus en plus transparent : “ …des moutons étaient réunis dans un parc… ” il s’agit d’abord pour l’élève d’un problème d’orthographe et de grammaire… L’élève écrit : “ des moutonsses …. ” Devant les échecs répétés, Topaze négocie à la baisse les conditions dans lesquelles l’élève finira par mettre ce “ s ”…..L’effondrement complet de l’acte d’enseignement est représenté par un simple ordre : mettez un “ s ” à “ moutons ” : le professeur a fini par prendre en charge l’essentiel du travail. Ici les connaissances visées ont disparu complètement (connaître l’orthographe et les règles de la grammaire) : c’est l’effet Topaze. L’effet ʺ Jourdainʺ ou le malentendu fondamental Ainsi nommé par référence à la scène du ʺBourgeois Gentilhommeʺ où le maître de philosophie révèle à Jourdain (un élève) ce que sont la prose ou les voyelles. Tout le comique de la scène est basé sur le ridicule de cette sacralisation répétée dʹactivités familières dans un discours savant. Le professeur pour éviter le débat de connaissance avec l’élève et éventuellement le constat d’échec, admet de reconnaître l’indice d’une connaissance savante dans les comportements ou dans les réponses de l’élève, bien qu’elles soient en fait motivées par des causes et des significations banales. Cʹest une forme d’effet Topaze Exemple : Dans une séance de TP de chimie, l’enseignant demande à ses élèves d’ajouter 10 ml d’un corps A à 20ml d’un corps B et de porter le tout à l’ébullition d’ajouter en suite un troisième corps C …Après une ou deux heures d’additions de composés chimiques, de chauffage de mélanges et de filtration. L’enseignant leurs dirait : ʺ Vous venez de fabriquer le fameux produit X ʺ On fait, ils n’ont rien compris ni appris du processus de fabrication du produit ni des mécanismes réactionnels misent en jeu. Ils n’ont fait qu’ajouter des produits et faire chauffer d’autres. 7.1.4 Le glissement métacognitif Le glissement métacognitif est le remplacement d’une connaissance par un de ses modèles par une description en métalangage. Lorsqu’une activité d’enseignement a échoué, le professeur peut être conduit à se justifier et pour continuer son action, à prendre ses propres explications et ses moyens heuristiques10 comme objets d’études à la place de la véritable connaissance scientifique. Ce moyen d’enseignement devient un objet d’enseignement voir même un ʺmodèleʺ qui n’est autre qu’un moyen d’enseignement métaphorique car il n’est pas un modèle correct. Cet effet peut se répéter, se cumuler plusieurs fois, concerner toute une communauté et constituer un véritable processus échappant au contrôle de ses acteurs. C’est l’effet ʺ de glissement métacognitif ʺ 7.1.5 L’usage abusif de l’analogie C’est procédé didactique qui utilise l’analogie comme argument pour faire admettre et apprendre une connaissance par l’accumulation de circonstances « analogues ». Lʹanalogie est un excellent moyen heuristique lorsquʹelle est utilisée sous la responsabilité de celui qui en fait usage. Mais son utilisation dans la relation didactique en fait un redoutable moyen de produire des effets ʺTopazeʺ. 7.1.6 L’effet de l’attente incomprise Coire qu’une réponse attendue des élèves va de soi. Pour terminer cette présentation du contrat didactique, une note d’humour dû au passé scolaire de Gilbert ARSAC (IREM de Lyon) Question posée par son professeur d’Histoire en collège : ʺ Au moyen âge, les gens des villes élevaient des…? ʺRéponses des élèves: ʺ des cochons, des enfants,… ʺRéponse attendue: ʺ des cathédrales ! Les exploits et performances pédagogiques demandées quotidiennement aux enseignants ne les conduisent-elles pas à commettre de temps en temps ces types de questions, dont ils sont les seuls à pouvoir donner la réponse. |
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