|
Éléments de didactiques |
|
ENSEIGNER AUTREMENT! |
|
Les obstacles La notion d’obstacle « épistémologique » a été introduite par Gaston Bachelard (1938). Il identifiait l’obstacle comme étant « des causes d’inertie » provoquant des lenteurs et des troubles. De plus Bachelard considérait ces obstacles épistémologiques comme le moteur de l’évolution de la connaissance, puisqu’ils constituent la rupture qui dynamise le progrès de la connaissance. Brousseau parle aussi de l’obstacle mais cette fois ci de l’obstacle didactique, si les choix pédagogiques de l’enseignant ou du système éducatif sont erronés, ces derniers vont fonctionner comme obstacle à l’apprentissage des nouvelles connaissances et induit l’élève en erreur. On retrouve aussi cette idée d’obstacle chez Piaget qui le voyait du point de vue épistémologie génétique : Pour Piaget l’obstacle est du aux limitations psychologiques. En résumé, les causes des obstacles peuvent être : psychologique, didactique ou épistémologique. Figure 4 : les différents types d’obstacles - La question qui se pose ici, comment opérer face à l’obstacle ? L’ignorer sans le méconnaître ? L’éviter et le contourner en posant le problème autrement ? Ou bien suivre une stratégie qui consiste à « Faire avec pour aller contre ». Tous ces modes de traitement, suppose que l’obstacle a été identifié, mais il faut signaler que dans la plupart des cas, l’enseignant ne se rend pas compte de l’existence Obstacle psychologique Obstacle didactique ou épistémologique. Obstacle épistémologique Le savoir L’élève L’enseignant Obstacle psychologique Obstacle didactique les différents types d’obstacles - La question qui se pose ici, comment opérer face à l’obstacle ? L’ignorer sans le méconnaître ? L’éviter et le contourner en posant le problème autrement ? Ou bien suivre une stratégie qui consiste à « Faire avec pour aller contre ». Tous ces modes de traitement, suppose que l’obstacle a été identifié, mais il faut signaler que dans la plupart des cas, l’enseignant ne se rend pas compte de l’existence de ces obstacles qui bloquent ses élèves et empêchent l’acquisition du savoir scientifique a ce propos Bachelard disait « J’ai souvent été frappé du fait que les professeurs ne comprennent pas que leurs élèves ne comprennent pas... » La prise en compte didactique des obstacles : Comment opérer face à l’obstacle ? Astolfi (1996) nous propose six étapes nécessaires pour la prise en compte des présentations: 1- Les entendre par une écoute positive de ce qu’expriment les élèves. 2 - Les comprendre en postulant que les erreurs ne sont pas fortuites mais méritent d’être analysées. 3 - Les faire identifier : Vu le fonctionnement inconscient des représentations, la prise de conscience par chacun contribuant déjà à leur évolution. 4 - Les faire comparer ce qui favorise la décentration des points de vue, et révèle aux élèves une diversité qu’ils n’imaginent pas dans les idées en présence dans la classe pour expliquer un même phénomène. 5- Les faire discuter en provoquant des conflits socio-cognitifs dont la psychologie indique que ce sont d’importants leviers du développement intellectuel. 6- Les suivre en surveillant leur évolution à court et moyen terme, au long de la scolarité obligatoire et d’abord au cours d’une même année. Il faut noter ici que ces processus de prise en compte des représentations évoque certaines objections dues à la gestion du temps didactique face à des programmes chargés ce qui demande un temps supplémentaire que l’institution scolaire ne peut pas accorder. 4.2 Les objectifs Quand Nous parlons des objectifs dans l’enseignement, nous parlons des objectifs pédagogiques et cela nous renvoi aux taxonomies de BLOOM KRATHWOHL et HARROW, d’HAINANT , de DE BLOCK et d’autres : L’interrogation de base est la même que celle du béhaviorisme: à quoi voit-on qu’un élève « a appris »? A ce qu’il manifeste un comportement, une action, une production observables. Mais pour en juger l’adéquation, on ne peut se contenter d’un jugement trop général, flou, subjectif, du genre de ceux qu’affectionnent les enseignants (« l’élève n’a pas compris »). Pour en juger, on a d’abord besoin de préciser ce que l’on cherche à atteindre c’est en insistant sur les capacités diverses à attendre des apprenants qu’on voit fixer les objectifs possibles dans un enseignement. Ces objectifs pédagogiques on un triples rôles : a) Ils fournissent des références et des critères pour l’évaluation, celle ci devient alors moins hasardeuse lorsque les objectifs sont bien définis. b) Ils servent de guide dans l’action pédagogique (pour l’élève et l’enseignant). (Quant on sait ou on va, on ne risque pas de perdre le chemin) c) Ils servent de critères pour le choix des méthodes et des techniques nécessaires pour l’action éducative. Malgré l’importance des rôles attribués aux objectifs pédagogiques. Ces derniers n’ont pas pu pénétrer le champ de la didactique ceci est dû à la conception même de ces objectifs qui sont définis à partir de l’analyse des contenus d’enseignement uniquement sans prendre en considération les représentations des élèves qui conditionnent l’appropriation du savoir et donc la réussite ou l’échec de ces objectifs si convoités. C’est pour cette raison, la didactique (constructiviste) ne pouvait pas adapter le concept des objectifs pédagogiques, béhavioriste de naissance (l’élève doit connaître.. ou l’élève doit faire..) car il ignore un élément (peut être le plus important) de la structure didactique qui est l’élève. 4.3 L’objectif-obstacle Le concept d’objectif-obstacle a été introduit par JEAN-LOUIS MARTINAND dans sa thèse de doctorat (1982). MARTINAND a essayé de marier deux concepts qui sont a priori contradictoires : Les obstacles et les objectifs. En parlant de ce couplage MARTINAND dit: « une tentative pour faire rejoindre deux courants, celui des pédagogues qui cherchent, à travers les objectifs, à rendre plus efficaces les actions didactiques, et celui des épistémologues qui s’intéressent aux difficultés qu’affronte la pensée scientifique » “ Les propositions que nous faisons pour ne garder que les objectifs utiles consistent à exprimer les objectifs en termes d’obstacles franchissables, c’est à dire de difficultés réelles que les élèves rencontrent et peuvent vaincre au cours du curriculum”. Astolfi (1989) nous a fourni un processus qui nous permet de mettre en oeuvre le concept d’objectif-obstacle, ces étapes sont les suivantes : a) Repérer les obstacles à l’apprentissage (dont les représentations font partie), sans les minorer ni les sur valoriser. b) Définir inversement, et de manière plus dynamique, le progrès intellectuel correspondant à leur éventuel franchissement. c) Sélectionner, parmi la diversité des obstacles repérés, celui (ou ceux) qui paraît franchissable au cours d’une séquence, produisant un progrès intellectuel décisif. d) Se fixer comme objectif le dépassement de cet obstacle jugé franchissable. e) Traduire cet objectif en termes opérationnels selon les méthodologies classiques de formulation des objectifs. f) Construire un dispositif (ou plusieurs), cohérent avec l’objectif, ainsi que des procédures de remédiation en cas de difficulté. |
|
L’objectif-obstacle |


|
|