Éléments de didactiques

 

ENSEIGNER AUTREMENT!

le behaviorisme, constructivisme et le socio—constructivisme

Zone de Texte:  a- Le behaviorisme :   
                                                                                                                                                                     Le behaviorisme ou le comportementalisme a donné une base expérimentale à l’étude des comportements,en particulier humains. Selon cette perspective, apprendre, revient à sélectionner « les réponses » adéquates à« des stimulus »donnés. La méthode pour y parvenir est « le renforcement »(Skinner).
Du point de vue pédagogique, cela conduit à une proposition optimiste. Watson (1925) affirme qu’il est capable d ‘enseigner n’importe quoi, à n’importe qui, il suffit pour cela que la connaissance en question soit suffisamment « petite»pour être confondue 
avec une réponse adaptée à un stimulus. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’on a pas fait l’effort nécessaire pou décomposer cette connaissance en ses éléments constitutifs.
Le programme de réduction des apprentissages complexes à des unités « d’habitudes » a en fait vite retrouvé ses limites, et le behaviorisme au sens strict garde peu de partisans, mais son influence indirecte demeure importante.
 En effet on peut relever certains caractéristiques de types comportementaliste qu’on 
Retrouve dans les théories d’apprentissages plus récents.
Exemple :
- Décomposition des connaissances en éléments simples constitutifs.
- Le processus des apprentissages y est présenté comme cumulatif, sans rupture et restriction.

B– le constructivisme:

Toute pratique pédagogique, même intuitive, révèle une conception de
L’apprentissage et donc de l’enseignement. Quand cette conception est explicite et
cohérente et qu’elle a une certaine influence sur le milieu scolaire, on parle alors d’un
modèle pédagogique; non pas dans le sens d’un modèle à suivre ou à imiter, mais d’un
ensemble cohérent de principes pédagogiques.
Chaque modèle voit l’élève et l’apprentissage d’une certaine façon. Examinons certains
modèles connus:
Dans la pédagogie traditionnelle, l’élève était un récepteur et un stockeur de
connaissances, une cire vierge à imprégner entièrement par des modèles extérieurs;
L’enseignement privilégiait alors l’exposé magistral et l’imitation de modèles.            
Dans le modèle béhavioriste, on considère que l’élève peut être conditionné à produire 
certains comportements si l’on met en place les stimuli adéquats, à répéter jusqu’à ce 
que l’on obtienne une réponse adéquate: l’enseignement était alors à l’heure du micro enseignement et des exercices programmés.
Ce schéma traditionnel est omniprésent encore à l’heure actuelle dans les manières de
penser et dans les représentations implicites et explicites de la situation d’enseignement.
Les élèves n’apprennent pas, c’est la faute à leur contexte social et culturel !
Les élèves n’apprennent pas, c’est l’incompétence des enseignants qui est en cause. Ces affirmations peuvent se justifier si on accepte que la situation d’apprentissage est 
la mise en relation de trois facteurs: le savoir, l’enseignant, l’élève.


savoir                     enseignant                    élève

                         Schéma traditionnel d’un situation éducative

Dans ce modèle, la relation directe au savoir n’existe pas. Il n’y a pas de place non plus
pour une relation de l’élève à la personne de l’enseignant. Les paramètres contextuels
ne sont pas non plus pris en compte.
La pédagogie non directive, quant à elle, considère que l’élève est naturellement
disposé à apprendre, pourvu qu’on le laisse libre; l’enseignement s’efface et se concentre
surtout à aménager un environnement propice dans lequel l’élève choisit son propre
cheminement.
Au cours des quarante dernières années, le monde a oscillé entre ces divers modèles
pour finalement faire un consensus assez large - dans le discours, sinon toujours dans
les pratiques - autour d’une conception de l’apprentissage dont l’origine remonte à
Piaget, qui s’est appelée plus tard cognitiviste dite aussi constructiviste.
Pour définir le constructivisme, nous empruntons à Désautels et La rochelle
(1992) la synthèse suivante :
« Être constructiviste, c’est partager deux convictions qui traduisent l’essentiel de
ce mouvement. La première est à l’effet que le savoir ne peut pas être transmis
passivement, mais qu’il doit être construit activement par le sujet en quête de
connaissance. La seconde, c’est que la cognition doit être vue comme une fonction
adaptative qui sert à l’organisation du monde de l’expérience plutôt qu’à la
découverte d’une réalité ontologique. Selon Glasersfeld, cette position est celle du
constructiviste radical, le constructivisme trivial ne partageant que la première de
ces deux convictions. »
Le constructivisme de Piaget est à la fois une théorie épistémologique et une
théorie psychologique.
En ce qui concerne l’épistémologie, sa théorie est considérée comme une
véritable théorie de la connaissance qui pose les questions comme :
Qu’est ce que la connaître ?
Comment la connaissance est-elle élaborée par le sujet connaissant ?

Le constructivisme de Piaget est une critique au behaviorisme sous toutes ses formes.
Pour ce dernier, la connaissance ne peut résulter du simple enregistrement
d’observations (de l’expérience) mais suppose une structuration due à l’activité du
sujet. Cette connaissance est considérée comme un processus ouverte et dynamique
plutôt que comme un état.
Le coté psychologique nous éclaire sur la façon dont l’apprenant, qu’il soit enfant
adolescent ou adulte, s’approprie le savoir scolaire. Sur le plan psychologique et
quelques soit l’âge du sujet, la connaissance humaine se construit selon un même
schéma. Piaget nous livre deux descriptions psychologiques de ce processus mental :
Une description phénoménologique et une description structurale.
Les principaux propositions du constructivisme
- La connaissance est construite de manière active par le sujet dans son milieu social.
- La connaissance est plutôt fabriquée que découverte.
- La vérité est provisoire et limitée.
- Nous construisons notre compréhension du monde à partir de nos expériences, cette
compréhension est fortement influencée par nos structures cognitives.
 Implication du constructivisme sur le plan éducatif
-La connaissance ne peut être le produit d’une acquisition passive.
- Le sujet apprenant se sert des connaissances antérieures pour construire de
nouvelles conceptions.
-Toute activité cognitive est orientée vers un but, celui d’un organisme cognitif qui
évalue ses expériences pour tendre à répéter quelques-unes et éviter les autres.
-Les humains n’appréhende pas le monde dune façon directe mais plutôt par
l’intermédiaire des schèmes mentaux qui constitue sa structure cognitive.
 Principaux critiques adressées au constructivisme.
Ce qu’on reproche au constructivisme c’est surtout son anti-réalisme et son
individualisme.
- En ce qui concerne l’anti-réalisme, il est suggéré par ‘idée selon laquelle la
connaissance ne nous renseigne pas sur le monde réel, mais plutôt sur notre
perception de ce monde.
-Pour l’individualisme, les critiques adressées par Vygotsky2, concerne sa
tendance à décrire les processus d’apprentissage scolaire en terme personnel et
individuel ignorant par là la dimension socio-historique de l’activité scientifique.


C- Le socioconstructivisme:

Les travaux de Piaget ont été repris et développés en psychologie sociale génétique par
un groupe de ses élèves : Perret Clermont, Doise et Mugny.
 1 Les concepts fondamentaux de la psychologie sociale (Le socioconstructivisme)
1) La médiation sociale : le sujet dans un groupe construit d’une façon active ses
connaissances. Ce dernier est un coauteur de ses connaissances. Ses partenaires dans
cette tache sont ces pairs et le maître (l’adulte).
2) L’interactionnisme : en parlant d’interactionnisme entre le sujet et son milieu social,
on parle d’une causalité spirale avec la possibilité du retour en arrière. Le sujet déjà
enrichi (intellectuellement) va faire des meilleures interventions dans le groupe qui
vont faire avancer le débat.
3) Le conflit sociocognitif : il est essentiel pour la prise de conscience par l’enfant de
l’existence de réponses possibles autres que la sienne et dans l’amélioration de la
qualité des interventions des sujets.

Hypothèses cognitives retenues en Didactique des sciences

La connaissance ne peut être le produit d’une acquisition passive.
(Constructivisme)
Le sujet construit ses connaissances par interaction active avec son
environnement physique et social. (Socio-constructivisme)
Le comportement observable du sujet face à une situation-problème scientifique
est déterminé par le type de connaissance du sujet dans ce domaine (le déjà là) et
par leur structuration. (Théorie du Traitement de l’Information).
La production d’un sujet ne dépend pas uniquement de la structure interne de
ses connaissances, mais aussi du type spécifique de situation-problème qui lui est
soumis et donc de la structure épistémologique propre des concepts et relations
qui y sont impliqués, ainsi que des significations prises à cette occasion par ces
concepts et relations. (Théorie du Traitement de l’Information et Épistémologie).

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