Éléments de didactiques

 

ENSEIGNER AUTREMENT!

Les concepts de la didactique1

Zone de Texte: 1 Le triangle didactique
La didactique étudie les processus d’élaboration d’un savoir à connaître, sa
transmission (par le professeur) et son acquisition (par les apprenants) pour une
discipline donnée. Elle étudie donc les interactions entre les trois pôles de la situation
d’enseignement apprentissage à savoir :
- Le professeur : avec son idéologie privée.
- Le savoir : soumis à la transposition didactique.
- L’élève(s) : avec une structure cognitive particulière.
Ce triplet s’appelle le triangle didactique. En fait, le triangle didactique n’est pas
un concept mais un dessin symbolique. Il précise les termes en relation dans une
situation d’apprentissage et définit implicitement les tâches de chaque pôle. On parle
parfois de tétraèdre (prise en compte d’un quatrième terme : l’environnement social ou
le milieu).
                                                          Le savoir  




                                            L’élève                    L’enseignant



                                                           Le milieu


                                  Figure 2 : Le triangle didactique


2 La transposition didactique

Le concept de transposition didactique est comme ce lui des conceptions occupe
une place centrale dans le champ de la didactique des sciences.
Le mot transposition a été introduit par un sociologue du savoir MICHEL
VERRET en 1975 , repris ensuite par YVES CHEVALLARD en 1985 qui l’a introduit en
didactique des mathématiques .
« Un contenu de savoir ayant été désigné comme savoir à enseigner subit dès lors un
ensemble de transformations adaptatives qui vont le rendre apte à prendre place
parmi les objets d’enseignement. Le « travail » qui, d’un objet de savoir à enseigner,
fait un objet d’enseignement est appelé la transposition didactique. »
Yves Cheval lard. (1985)
Ce mot désigne l’ensemble des transformations que subit un savoir savant ou
expert , aux fins d’être enseigné. Réduite à sa plus simple expression, la transposition
didactique est expliquée par le sous-titre du livre de Chevallard (1985, 1991) : ʺ Du savoir
savant au savoir enseigné ʺ. Ce sous-titre pourrait laisser entendre qu’il suffit de se référer
au savoir savant pour construire le savoir enseigné
Ce livre est entièrement consacré au savoir mathématique et plus
particulièrement aux transformations que subissent les théories des mathématiciens
lorsqu’elles deviennent savoirs scolaires, d’abord dans les programmes, puis dans les
manuels et les salles de classe. Cet ouvrage est devenu une référence pour d’autres
disciplines. Il a fortement contribué à associer la notion de transposition aux savoirs dits
ʺ savants ʺ, ceux dont se réclament les disciplines scolaires comme les mathématiques,
les sciences naturelles (biologie, chimie, géologie et physique) et les sciences humaines
et sociales (histoire, géographie, philosophie notamment).
Pour rendre justice aux disciplines dans lesquelles les savoirs savants ne sont pas
aussi centraux, Samuel Joshua (1996) a proposé d’étendre la théorie de la transposition
aux savoirs experts. Bien avant, dans la même perspective, Martinand (1983) avait
introduit la notion complémentaire de pratiques de référence. Il l’avait proposée à propos
de la technologie et de l’informatique, mais elle convient aussi aux disciplines
linguistiques ou artistiques, aux travaux manuels, à l’éducation physique et aux
formations professionnelles. Pour concevoir les programmes scolaires, la noosphère4 ne
savoir des parents.
15
s’inspire donc pas uniquement du savoir savant, elle se réfère également à des pratiques
sociales. A ce propos M. Develay ( 1992) disait :
« Le terme de pratique sociale de référence…renvoie à des activités sociales diverses
(activités de recherche, de production industrielle et artisanale, d’ingénierie, mais
aussi d’activités domestiques, culturelles, idéologiques et politiques...) pouvant servir
de référence à des activités scolaires… »
Si bien qu’on peut admettre que l’on travaille désormais avec deux sources de la
transposition didactique : d’une part des savoirs savants et d’autre part, des pratiques
sociales. On peut schématiser comme suit la chaîne de transposition.
Figure 3 : la transposition didactique
Dans cette chaîne on remarque l’existence de deux sortes de transposition :
- la 1ère est dite externe (T1). C’est la transformation des savoirs et des pratiques en
programmes scolaires, qu’on peut aussi appeler curriculum formel.
- la seconde est dite interne (T2). Elle relève largement de la marge d’interprétation,
voire de la créativité des enseignants.
Dans les paragraphes qui vont suivre, nous allons nous limiter à la 1ère transposition
dite externe car la seconde transposition dépend du travail personnel du professeur.

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